Le tatouage Chicano : histoire, légende et revendication !

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Les fan des tatouages connaissent surement le tatouage chicano. Mais certains d’entre eux ne connaissent pas forcément l’histoire de ce genre de tatouage, sa légende et sa revendication.

Son histoire

Le tatouage chicano a trouvé ses origines au fin fond des prisons californiennes où étaient détenus nombre de prisonniers d’origine latino et mexicaines. C’était dans les années 50 et la communauté latino arborait ce tatouage pour que les membres puissent s’identifier les uns les autres mais aussi pour que les autres prisonniers d’autres races puissent les reconnaître facilement. Ils étaient fiers de cette appartenance et à travers ces formes graphiques gravées sur leurs corps, ils disaient en quelque sorte au reste du monde : « on est confiné mais on est vivant, on est fort ! ».

Souvent, ils étaient membres d’un gang quelconque, et cette identification sur leur chair marquait également leur loyauté envers le gang auquel ils appartiennent ou l’amour qu’ils portent pour leur famille. En fait, ce qu’ils dessinaient sur des parties de leurs corps symbolisent les valeurs auxquelles ils sont attachés mais en même temps, ces images leur rappelaient que ces valeurs doivent guider chaque acte de leur vie. Ce qu’on appelait alors tatouage chicano était un mélange assez complexe et d’un symbolisme fort, car il associe des images de la religion catholique, celles des street arts et également de l’histoire précolombienne.

Comment se présente le tatouage chicano ?

Comme dans les tatouages qui ont une longue histoire, le tatouage chicano possède lui aussi des thèmes qui lui sont chers, notamment Dieu, la famille, le gente féminine, la mort si mystérieuse, le respect et l’importance de la loyauté. C’est ainsi que l’on peut retrouver du tatouage chicano sur l’ensemble du dos et dont les images sont un hommage à la fête des morts. Très souvent, l’image de la vierge Marie qui pleure est tatouée, évoquant un grand chagrin suite au décès d’un être aimé ou d’une catastrophe etc. Parfois, c’est la fameuse Santa Muerte, appelée aussi sugar skulls.

De quoi s’agit-il ? De crânes habilement maquillés et décorés et qui, contrairement à ce que l’on peut penser, ne font pas référence à la mort mais plutôt à la joie. En fait, ces crânes rappellent à la célèbre fête des morts chez les Mexicains, « El dia de los muertos » pendant laquelle ils expriment leur joie en dansant et en chantant, dans l’objectif de rendre encore une fois hommage à leurs ancêtres. C’est durant cette festivité que les femmes s’enduisent des maquillages de couleurs vives qui représentent les crânes, donc la mort. Cet hommage à la fête des morts ne faisaient pas partie du tatouage chicano à l’origine, mais il l’est devenu par la suite.

Des symboliques très populaires

Les femmes figurent parmi les images les plus souvent dessinées en tatouage chicano. Il s’agit parfois de la mère que l’on vénère, qu’on respecte plus que tout, ou quelquefois, la femme du tatoué, ou encore sa fille qu’il chérit de tout son être, peut-être parce que c’est sa fille unique ou l’aînée de ses enfants etc. Les femmes ainsi représentées sont communément appelées « cholas » ou encore « bandidas ». Mais souvent, la femme n’est pas seule sur le tatouage, elle est aux côtés de crânes ou de billets américains, ou encore des fusils ou d’autres armes à feu. Le message que l’on souhaite ainsi délivrer, c’est soit la réussite dans la vie (avec les dollars) ou encore l’amour, mais aussi la brièveté de la vie (armes à feu). Dans la catégorie des armes, parfois, en tatouage chicano, elles sont dessinées seules. Ce peut être des armes à feu comme les pistolets mais aussi des armes blanches comme les couteaux, ce qui représente la violence purement et simplement.